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6月30日 Réflexion sur "comment Borloo donne une meilleure gueule à l'emploi"Constat amer.
Baisse du chômage. Je relève ici une certaine satisfaction qui mérite réaction sur le texte plus bas en orange.
Après mon avis ci-dessous, vous pourrez lire également le témoignage de Brigitte (en bleu) par contre tout le monde ne peut pas se permettre de ne pas se réinscrire "dans la grande institution de l'emploi" comme Brigitte qui a fini par ne plus supporter cette interminable mascarade autour de sa recherche d'emploi.
Ce témoignage de Brigitte tombe à pic car quadra et quinqua sont lourdement touchés par le chômage. Une situation dramatique pour eux car le temps qui passe ne leur laisse aucun espoir d'avenir.
Un petit rappel : le quadra ou le quinqua c'est le trentenaire d'hier avec ses petits boulots précaires et chômage qui a obligation de travailler encore pour 20 ans ou + faute d'impossibilité d'une retraite.
Mon avis : Aujourd'hui la cohésion sociale encourage les patrons à employer à moindre frais (prise en charge d'une partie du salaire) avec ces fameux CAE (contrats d'avenir), attribués aux jeunes non diplomés, aux personnes en chômage de longue durée donc des diplomés également ou des "vieux" que les chefs d'entreprise évitent aujourd'hui d'embaucher comme Brigitte. Ce contrat est généralement de 26 h payées au smic et pour 1 an maximum.
Si ce contrat permet de remettre comme on dit dans les rails tous ces gens privés d'emploi, de leur permettre à nouveau une vie sociale, une réhabitude des horaires de travail, j'imagine leur découragement au bout de ces 12 mois bénis, (certes avec un salaire de smicard et pour 26 heures mais bénis quand même par rapport à rien), lorsqu'ils retomberont dans le cercle infernal du pointage et de la recherche d'emploi sans issue.
Comment peut-on parler de réinsertion, sachant par exemple que le quadra ou le quinqua (très rejeté dans notre société) qui n'avait donc aucune chance avant d'avoir un CDI n'en aura pas davantage après ce contrat limité à 12 mois ?
C'est vraiment vouloir cacher le constat dramatique du chômage en présentant ce contrat comme une sorte de réamorçage à l'emploi, alors qu'il s'agit pour la plupart des postulants à ce contrat, seulement d'une renaissance de douze petits mois. Ainsi, jeunes et moins jeunes, se jettent à coup de LM et de CV sur ces offres CAE réservées souvent à des niveaux V ou VI et dont les places néanmoins sont limitées.
L'objectif de ces contrats est une opportunité de travail pour une courte période mais pour le plus grand nombre de personnes surtout, permettant ainsi des statistiques favorables à la baisse du chômage.
La plupart de ces contrats limités à 1 fois/personne se termineront au moment des élections ou juste après. Ensuite qu'adviendra-t-il de toutes ces personnes ? A moins d'une croissance mais depuis 30 ans le chômage perdure et reste un véritable casse-tête que nos politiques, droite/gauche règlent tour à tour à coup de contrats précaires et de postes de conseillers à l'emploi.
En attendant, les hommes politiques cherchent du positif chez les bleus.....
Ci-dessous témoignage d'une quadra presque quinqua. Ils sont malheureusement nombreux, diplomés ou pas, mais trop vieux comme Zidane, pourtant logique, ils seront encore plus nombreux demain. Par contre, nos présidents (76 ans) et ministres ne sont jamais trop âgés.......
Brigitte Bazerque, 49 ans, assistante commerciale et demandeuse d'emploi à Toulouse. Radiée deux mois le 16 mars. Sanctionnés, radiés ou absents, ils font mécaniquement baisser les statistiques. Sortis de l'ANPE mais toujours chômeurs«Je crois que sur la place de Toulouse, mon CV, peu de sociétés ne l'ont pas reçu. En juin 2005, trois ans après la signature de mon Pare [Plan d'aide au retour à l'emploi, ndlr], toujours sans emploi, j'ai cessé d'être indemnisée par l'Unedic. Tout en restant inscrite sur les listes de l'ANPE. Pendant trois ans j'ai pourtant fait tout ce que l'ANPE m'a dit de faire: les rendez-vous pour refaire mon CV, tous les six mois. Le stage de trois semaines pour apprendre à chercher un emploi. La consultante était charmante, on a "ciblé" mes recherches, comme ils disent et à chaque fois, on s'est fait bouler. La fille a fait ce qu'elle a pu avec moi, mais je ne suis pas la seule à rechercher un emploi d'assistante commerciale! On a baissé les bras. Un jour une conseillère ANPE m'a dit: "Mais pourquoi vous ne deviendriez pas comptable ?" Sans doute avaient-ils à l'époque un créneau dans la compta qu'ils voulaient me refourguer... Après, il y a eu cette formation à l'Internet. J'ai déjà l'Internet chez moi, je sais m'en servir. Puis on m'a dit : "Créez votre entreprise !" Je me suis renseignée à droite à gauche, j'ai vu que c'était tout de même risqué quand on n'y connaissait rien. Il y a aussi eu ce jour où ils m'ont envoyé à un entretien chez un architecte. Le type me dit : "Vous êtes beaucoup trop qualifiée. J'ai demandé une standardiste, et l'ANPE m'envoie votre CV d'assistante commerciale." On m'a dit : "Retrouver un emploi, c'est avant tout du réseau." Tous mes amis se baladent depuis avec mon CV dans leur sac. Dès qu'ils entendent parler d'un poste, ils le donnent. En trois ans, j'ai eu une dizaine d'entretiens. Les gens de 50 ans aujourd'hui, on est foutu. Parfois, les entreprises me le disent franchement : je suis trop âgée. Pour vivre, j'ai dû faire de la manutention dans l'entreprise de ma fille, mais c'est trop physique, à mon âge. J'ai fait la plonge aussi. En mars, l'ANPE me donne un rendez-vous. Je pensais voir la personne qui s'occupe de mon dossier, pas du tout : "Madame, ça se passe dans la petite salle." Une dizaine de personnes était réunie. Une jeune femme arrive avec son paper board. Elle avait 25 ans, le même prénom que ma fille. Elle nous dit : "Bonjour, nous allons apprendre à faire un CV." Et là, j'ai dit non. "Je ne peux pas. Votre mascarade, je n'en peux plus." Je me suis levée et je suis partie. La jeune fille me disait : "Mais vous ne pouvez pas partir, vous avec un entretien individuel en fin de séance !" En avril, j'ai reçu une lettre du directeur de l'agence, qui "m'invitait" à lui faire parvenir par écrit des explications à mon absence. Il les "étudierait avec attention". Je lui ai répondu : "Ayant suivi jusqu'ici tous les parcours dans le cadre de la recherche d'emploi, force est de constater que vos services n'apportent en aucune façon une solution à ma situation. L'ANPE est frappée d'arthrose administrative." Mes arguments "n'ont pas été de nature à modifier l'appréciation initiale", m'a expliqué, quelques jours plus tard, une lettre polycopiée. Radiée pour deux mois. Je ne me suis jamais réinscrite.» Le chômage baisse en France de manière quasi continue depuis le mois de février 2005, enregistrant un recul de 261.000 demandeurs d'emploi en quinze mois (-11%). Jean-Louis Borloo a estimé qu'"on était désormais sur une tendance lourde", et que l'amélioration du chômage était à mettre essentiellement au crédit du "plan gouvernemental" de cohésion sociale lancé, à son initiative, en janvier 2005. "Cela n'a rien à voir avec la croissance", a-t-il lancé, réagissant à certains détracteurs qui doutent de la solidité d'une baisse du chômage, en l'absence de croissance forte. "Si on était resté sur l'idée qu'il fallait attendre la croissance pour créer des emplois, on aurait continuer à avoir entre 15 et 20.000 emplois de mois chaque mois", a-t-il dit, ajoutant que son "sentiment était qu'il n'y avait aucune raison que la tendance ne se confirme pas". La réforme du service public de l'Emploi, qui "permet d'accompagner le plus vite possible le chômeur vers l'emploi" grâce au suivi personnalisé et au dossier unique, a joué un rôle important dans l'amélioration du chômage, a affirmé M. Borloo. Pour les syndicats et les associations de chômeurs, au contraire, le suivi accru des demandeurs d'emploi entraînerait une augmentation des radiations administratives, ce que réfute le ministère. Les radiations administratives étaient de 36.190 en mai, en progression de 8,7% sur les trois derniers mois par rapport aux mêmes trois mois de l'année précédente (données brutes).
L'ensemble des emplois aidés a représenté environ le tiers de la baisse du chômage au mois de mai, a précisé le ministère.
Le Mouvement national des Chômeurs et des Précaires (MNCP), a relativisé jeudi la baisse en soulignant que la catégorie 1 était très restrictive, ne prenant pas en compte les plus de 57 ans dispensés de recherche d'emploi, les chômeurs en formation ou exerçant une activité réduite. 4月8日 CPEVous l'aurez compris sur mon précédent billet, mes propos sur le CPE ne sont pas franchement tranchés, ce n'est pas un POUR ou un CONTRE mais juste une réflexion. Cependant, j'ai trouvé intéressant de vous présenter deux avis que je rejoins.
L'un concerne Butterfly qui a plus de 26 ans et qui se retrouve aujourd'hui comme un grand nombre de Françaises et de Français, toutes tranches d'âges, sans boulot et malgré ses diplômes. Elle n'est donc pas concernée par le CPE puisqu'elle a + de 26 ans, aussi elle n'est ni POUR ni CONTRE. Mais à défaut de rien aujourd'hui...un contrat avec juste l'espoir d'une embauche serait bienvenu. Ainsi, elle vous expose tout simplement ses points de vues qui relatent sa propre expérience dans la précarité.
Donc, la crainte pour la jeunesse aujourd'hui, ce sont tous ces nombreux exemples de la précarité des plus âgés. Ainsi j'ai entendu pour la première fois dans les manifestations, un étudiant qui exprimait sa motivation contre ce nouveau contrat, par rapport à l'expérience de sa mère, il disait : "c'est parce que je vois ma mère galérer avec une multitude de contrats précaires depuis des années que je ne tiens pas à reproduire sa triste expérience".
L'autre avis concerne Magalie. Sa motivation contre le CPE rejoint également cet étudiant : Magalie estime qu' "Une génération sacrifiée ça suffit".
Tout simplement, elle aimerait avant 28 ans (26 ans + une période d'essai de deux ans), se loger, fonder éventuellement une famille, vivre tout simplement.
Actuellement Magalie il n'y a pas qu'une génération sacrifiée puisque l'on retrouve la précarité, le chômage dans toutes les tranches d'âges.
Magalie évoque aussi la flexibilité :
"La flexibilité, c'est à mon avis la solution, mais pas une flexibilité comme ça, pas à l'anglaise...ça c'est de la flexibilité dans le seul but d'arranger les entreprises.
Flexibilité oui, mais sécurité derrière, à la danoise plutôt..."
Tout à fait d'accord avec toi Magalie : aujourd'hui difficile d'avoir comme avant le même travail jusqu'à 70 ans, bien que tout dépend l'entreprise...bref, mais si flexibilité alors oui à la DANOISE.
L'éducation danoise :
En effet, certainement un modèle à suivre. C'est ce qui manque en France : LE RESPECT employeur/employé. Un employé offre ses services mais ne fait pas l'aumône.
Si nous avions cette éducation, nous n'aurions même pas à nous soucier pour ce contrat, BIEN QUE DEUX ANS, même rabaissé à 1 AN, N'EST ABSOLUMENT PAS JUSTIFIE, CETTE DUREE SERT UNIQUEMENT A ARRANGER LES STATISTIQUES DU CHOMAGE.
Magalie pointe du doigt l'enseignement : "Soit on sort du système sans diplôme et sans formation, donc inapte au monde du travail et à l'entreprise ; soit on en sort bardés de diplômes aussi inutiles, qu'inadaptés, donc inapte au monde du travail et à l'entreprise !!!" Je ne vais pas rallonger mon billet mais ce n'est pas moi qui dirai le contraire. J'ai envie de dire à Butterfly, à la mère de cet étudiant et à tous les autres précaires, qu'on aurait peut-être dû gueuler avant contre cette politique (de tous bords j'entends bien) attentiste laissant se généraliser la précarité depuis trois décennies. Néanmoins, le forcing des étudiants va peut-être leur faire perdre leur année, possible que le CPE soit abrogé, mais rien n'aura changé. Les politiciens pensent plus que jamais à 2007, ensuite il y aura le temps de voir jusqu'à la prochaine échéance. Ces derniers temps, beaucoup de précaires qui ne croient plus en rien, m'ont dit que leur manifestation sera très calme mais persuasive : "Ils n'iront pas voter". C'est une idée en effet !
Et bien, voici le texte de Butterfly à lire absolument jusqu'au bout. Ah oui au fait pourquoi tête de chien ?
Citer Au risque de m'attirer les foudres |
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